# Que découvrir dans le sud du Vietnam ?
Le sud du Vietnam fascine par ses contrastes saisissants entre modernité urbaine et traditions séculaires. Cette région tropicale, baignée par les eaux du Mékong et bordée par la mer de Chine méridionale, offre une diversité remarquable de paysages et d’expériences. Des gratte-ciels étincelants de Hô Chi Minh-Ville aux marchés flottants authentiques du delta, en passant par les plages paradisiaques de Phu Quoc et les formations dunaires spectaculaires de Mui Ne, chaque destination révèle une facette unique de l’ancienne Cochinchine. Avec un climat tropical agréable une grande partie de l’année et une population réputée pour son hospitalité légendaire, le sud vietnamien attire près de 18 millions de visiteurs annuellement. Cette terre fertile, véritable grenier à riz du pays, produit plus de 50% de la production nationale de riz et abrite une biodiversité exceptionnelle protégée dans plusieurs parcs nationaux remarquables.
## Hô Chi Minh-Ville : mégalopole dynamique et patrimoine colonial français
Anciennement appelée Saïgon, Hô Chi Minh-Ville s’impose comme le poumon économique du Vietnam avec ses 9 millions d’habitants et son produit intérieur brut représentant près de 23% de l’économie nationale. Cette métropole bouillonnante incarne parfaitement la transformation rapide du pays, où gratte-ciels ultramodernes côtoient élégantes villas coloniales dans un contraste architectural fascinant. L’énergie palpable de la ville se ressent particulièrement dans le vrombissement incessant des millions de scooters qui sillonnent ses artères jour et nuit.
La capitale du sud attire autant par son dynamisme commercial effréné que par son riche patrimoine historique. Les boulevards ombragés du centre-ville témoignent encore de l’empreinte française avec leurs bâtiments aux façades ocre et leurs balcons en fer forgé. Cette cohabitation harmonieuse entre tradition et modernité fait de Hô Chi Minh-Ville une destination incontournable pour comprendre l’évolution contemporaine du Vietnam. Quelle meilleure introduction pourrait-on imaginer à la découverte du sud vietnamien ?
### Le quartier de District 1 et les vestiges architecturaux de l’époque indochinoise
Le District 1 concentre les trésors architecturaux les plus emblématiques de l’époque coloniale française. La cathédrale Notre-Dame de Saïgon, construite entre 1863 et 1880, se dresse fièrement avec ses briques rouges importées directement de Toulouse. À quelques pas, la Poste centrale dessinée par Gustave Eiffel impressionne par sa charpente métallique remarquable et ses cartes anciennes ornant les murs intérieurs. Ces édifices témoignent du savoir-faire architectural français adapté au climat tropical.
Le Palais de la Réunification constitue un autre point d’intérêt majeur du quartier. Ancienne résidence du gouverneur de Cochinchine puis du président de la République du Sud-Vietnam, ce bâtiment moderniste inauguré en 1966 fut le théâtre de la fin de la guerre du Vietnam le 30 avril 1975. Ses pièces conservées dans leur état d’origine, ses salons de réception imposants et son bunker souterrain équipé de salles de communication offrent un plongeon fascinant dans l’histoire récente du pays. Plus de 500 000 visiteurs franchissent ses portes chaque année.
### Le marché de Ben Thanh et l’artisanat traditionnel vietnamien
Véritable institution saïgonnaise depuis 1914, le marché de Ben Thanh représente bien plus qu’
un simple lieu d’échanges commerciaux. Sous sa vaste charpente métallique, plus de 1 500 échoppes proposent un condensé du savoir-faire artisanal vietnamien : soies tissées main, laques, céramiques, chapeaux coniques, lanternes, objets en bambou ou en rotin. C’est l’endroit idéal pour observer la vie quotidienne des Saïgonnais, du petit matin jusqu’à tard dans la soirée, au rythme des cris des vendeurs et des effluves de cuisine de rue.
Pour acheter un souvenir de votre voyage au sud du Vietnam, n’hésitez pas à négocier les prix avec le sourire, la marchandage faisant pleinement partie de la culture locale. Vous pourrez également déguster sur place de nombreuses spécialités emblématiques comme le banh xeo (crêpe croustillante garnie), le hu tieu saïgonnais ou encore les jus de fruits frais pressés à la minute. Une visite en fin d’après-midi permet de profiter au mieux de l’animation tout en évitant les plus fortes chaleurs de la journée.
Les tunnels de cu chi : réseau souterrain de la guerre du vietnam
À une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Hô Chi Minh-Ville, les tunnels de Cu Chi constituent l’un des sites historiques les plus marquants du sud du Vietnam. Creusé à partir des années 1940 puis considérablement étendu durant la guerre du Vietnam, ce réseau souterrain s’étendait sur plus de 250 km, répartis sur plusieurs niveaux, parfois jusqu’à 10 mètres de profondeur. Véritable « ville sous la terre », il comprenait des dortoirs, des cuisines, des salles de réunion, des infirmeries et même des ateliers de fabrication d’armes.
La visite des tunnels de Cu Chi permet de prendre la mesure de l’ingéniosité et de la résilience du peuple vietnamien face à un ennemi technologiquement supérieur. Des sections ont été élargies pour être accessibles à la plupart des visiteurs, mais vous ressentirez tout de même la claustrophobie de ces boyaux étroits où vivaient des milliers de combattants. Des panneaux didactiques, des maquettes et des reconstitutions expliquent le fonctionnement des pièges, des systèmes de ventilation et des cuisines sans fumée. Prévoir une demi-journée depuis Saïgon, idéalement le matin pour éviter la chaleur et l’affluence des groupes.
Le quartier chinois de cho lon et la pagode thien hau
À l’ouest de la ville, le quartier de Cho Lon représente le poumon commercial historique de la communauté sino-vietnamienne de Saïgon. Ses ruelles animées, ses entrepôts colorés et ses marchés spécialisés (herbes médicinales, tissus, pièces détachées) offrent une plongée fascinante dans un univers à part, au carrefour des cultures chinoise et vietnamienne. On y ressent une atmosphère différente du District 1, plus dense, plus populaire, où le commerce de gros dicte le rythme de la journée.
La pagode Thien Hau, dédiée à la déesse protectrice des marins, est l’un des joyaux de Cho Lon. Construite au XIXe siècle par la communauté cantonaise, elle se distingue par ses toits aux tuiles vernissées, ses bas-reliefs en céramique et ses spirales d’encens suspendues qui brûlent parfois pendant plusieurs semaines. En entrant, vous serez saisi par la pénombre, les fumées odorantes et le murmure des prières : une parenthèse spirituelle inattendue au cœur de la mégalopole. Pour profiter pleinement du quartier chinois, prévoyez également un passage par le marché Binh Tay, spectaculaire hall commerçant aux influences architecturales chinoises prononcées.
Le delta du mékong : écosystème fluvial et marchés flottants authentiques
À quelques heures de route au sud-ouest de Hô Chi Minh-Ville, le delta du Mékong déploie un vaste labyrinthe de rivières, de canaux et d’îlots verdoyants. Surnommée la région des « Neuf Dragons » en référence aux neuf bras du fleuve se jetant dans la mer, cette plaine alluviale couvre près de 40 000 km² et abrite plus de 17 millions d’habitants. Ici, l’eau est partout : elle sert de route, de source de nourriture, d’irrigation et de cadre de vie. Les marchés flottants, les vergers tropicaux et les maisons sur pilotis racontent une vie quotidienne intimement liée au rythme du fleuve.
Découvrir le delta du Mékong, c’est accepter de ralentir et de se laisser porter par la nonchalance des embarcations qui glissent sur les arroyos ombragés. Une excursion d’une journée offre un premier aperçu, mais pour saisir l’âme de la région, mieux vaut prévoir au moins deux nuits sur place. Vous pourrez ainsi combiner navigation matinale sur les marchés flottants, balades à vélo au cœur des rizières, visites d’ateliers artisanaux et nuit chez l’habitant dans une maison traditionnelle. Un excellent moyen de compléter les expériences urbaines de Saïgon par une immersion rurale authentique.
Cai rang et phong dien : naviguer sur les marchés flottants de can tho
Can Tho, cinquième ville du pays, est considérée comme la capitale informelle du delta du Mékong et le point de départ idéal pour explorer ses marchés flottants. Le marché de Cai Rang, à environ 6 km du centre-ville, est le plus célèbre et le plus animé. Dès 5 h du matin, des centaines de bateaux de toutes tailles se rassemblent, chargés de fruits tropicaux, de légumes, de riz ou de fleurs, prêts à être vendus aux détaillants venus de tout le delta. Sur les mats, les marchands accrochent un échantillon du produit vendu, comme une enseigne flottante.
Pour vivre pleinement l’atmosphère de Cai Rang, il est recommandé de partir en bateau entre 5 h 30 et 6 h, lorsque le soleil commence à se lever et que l’activité bat son plein. Vous pourrez prendre un café noir vietnamien sur une barque-échoppe ou déguster une soupe de nouilles encore fumante, en observant les échanges qui se font directement d’embarcation à embarcation. Plus petit et plus intimiste, le marché flottant de Phong Dien, situé à une vingtaine de kilomètres en aval, conserve un caractère plus local et rustique. En combinant les deux, vous obtiendrez un panorama complet de ces places de marché uniques au monde.
Les vergers tropicaux de l’île de an binh et production fruitière locale
Au large de Vinh Long, l’île d’An Binh est un véritable jardin flottant posé sur le Mékong. Grâce aux alluvions riches déposées chaque année par le fleuve, ses sols offrent des conditions idéales à la culture fruitière. On y trouve des vergers de ramboutans, longanes, mangues, pomelos, durians, jacquiers ou encore fruits du dragon, qui se succèdent selon les saisons. Marcher sur les petits chemins de terre bordés de canaux donne l’impression de se faufiler dans un immense verger à ciel ouvert.
La plupart des familles d’An Binh vivent encore de l’agriculture et ouvrent volontiers leurs portes aux visiteurs. Vous pourrez participer à la récolte, apprendre comment se pratique une agriculture familiale diversifiée, puis déguster sur place une assiette de fruits fraîchement cueillis. Certaines maisons traditionnelles, construites en bois précieux et décorées de meubles laqués, proposent des hébergements chez l’habitant. Passer une nuit sur l’île, bercé par le chant des grenouilles et le murmure des rivières, permet de ressentir l’intimité de la vie rurale dans le sud du Vietnam.
My tho et ben tre : exploration des arroyos et villages artisanaux
Plus proches de Hô Chi Minh-Ville, les villes de My Tho et Ben Tre offrent une excellente porte d’entrée sur le delta du Mékong pour une première excursion. My Tho, au bord du fleuve Tiên, est réputée pour ses pagodes et ses vergers, tandis que Ben Tre, surnommée « la terre des cocotiers », se distingue par ses innombrables palmeraies et ses petits ateliers liés à la noix de coco. Depuis ces deux villes, de nombreuses balades en sampan permettent de s’enfoncer dans les arroyos, ces petits canaux bordés de palmiers d’eau qui forment de véritables tunnels de verdure.
Au fil de l’eau, vous ferez étape dans des villages artisanaux où l’on fabrique encore, à la main, briques, bonbons à la noix de coco, nattes de jonc ou objets en feuille de cocotier. Ces activités traditionnelles, souvent pratiquées à l’échelle familiale, complètent les revenus tirés de la riziculture ou de l’horticulture. Vous pourrez vous essayer à certaines techniques, comme le tissage des nattes ou la confection de sucreries, avant de partager un repas typique du delta, à base de poisson du Mékong grillé, de légumes croquants et d’herbes aromatiques. Une expérience qui illustre parfaitement la complémentarité entre écosystème fluvial et économie villageoise.
La ferme apicole de vinh long et dégustation de miel de longan
Moins connue que les marchés flottants, l’apiculture occupe cependant une place importante dans certaines zones du delta du Mékong. Près de Vinh Long et sur l’île d’An Binh, plusieurs familles se sont spécialisées dans la production de miel, notamment de miel de longan, un fruit de la même famille que le litchi. Les fleurs de longan attirent des milliers d’abeilles, qui butinent au cœur des vergers pour produire un nectar parfumé, aux notes florales délicates.
La visite d’une ferme apicole permet de comprendre l’organisation d’un rucher tropical, les techniques de récolte du miel et les précautions nécessaires pour préserver la santé des abeilles. Vous pourrez goûter différents types de miel, de propolis et de pollen, souvent utilisés dans la médecine traditionnelle vietnamienne pour leurs vertus énergisantes et antiseptiques. Assis dans un jardin ombragé, un verre de thé au miel à la main, vous réaliserez à quel point la diversité agricole du delta contribue à sa richesse gastronomique et culturelle. Un bel exemple de tourisme rural à taille humaine, où chaque visite soutient directement le revenu des familles locales.
Phu quoc : écosystème insulaire et plages de sable blanc immaculé
Située dans le golfe de Thaïlande, à proximité de la frontière cambodgienne, l’île de Phu Quoc est devenue en quelques années l’une des destinations balnéaires les plus prisées du sud du Vietnam. Avec ses 150 km de côtes, ses plages de sable blanc, ses eaux turquoise et son arrière-pays montagneux recouvert de forêts, elle combine à merveille détente, activités nautiques et découvertes naturelles. Plus de la moitié de sa superficie est protégée sous la forme de parc national et de zones marines conservées, ce qui en fait un véritable laboratoire d’écotourisme insulaire.
Bien que le développement hôtelier ait été rapide, il reste possible de trouver des anses encore relativement préservées, notamment dans le nord et l’est de l’île. Les voyageurs peuvent alterner journées de farniente, séances de snorkeling, sorties en bateau vers les îlots environnants et balades dans la jungle. La production locale de poivre, de nuoc-mâm et de perles ajoute une dimension culturelle et gastronomique à ce séjour balnéaire. Phu Quoc constitue ainsi une excellente manière de conclure un circuit dans le sud du Vietnam par quelques jours de repos au bord de l’eau.
La plage de sao beach et les eaux cristallines du sud de l’île
Parmi les nombreuses plages de Phu Quoc, Sao Beach (Bai Sao) fait figure d’icône. Située sur la côte sud-est de l’île, cette baie en arc de cercle se distingue par son sable d’une blancheur presque irréelle et ses eaux peu profondes aux teintes bleu-vert translucides. Protégée des vents dominants durant la saison sèche (novembre à avril), elle offre des conditions idéales pour la baignade, en particulier pour les familles avec enfants.
Quelques restaurants de plage et bars en bois proposent transats, hamacs et spécialités de fruits de mer, sans pour autant dénaturer complètement le cadre naturel. Le matin ou en fin de journée, lorsque l’affluence est moindre, vous aurez parfois l’impression de vous balader sur une plage de carte postale rien que pour vous. Vous pouvez combiner la découverte de Sao Beach avec une sortie en bateau vers l’archipel d’An Thoi, au large de la pointe sud, où snorkeling et plongée révèlent coraux et poissons tropicaux multicolores.
Le parc national de phu quoc et sa biodiversité endémique
Créé en 2001, le parc national de Phu Quoc couvre plus de 26 000 hectares au nord de l’île, dont une grande partie de forêts tropicales, de montagnes granitiques et de zones humides. Cette aire protégée abrite une faune et une flore remarquables, avec plusieurs espèces endémiques ou rares, telles que le dugong, certaines loutres, des calaos ou encore des reptiles tropicaux. Les sentiers de randonnée, plus ou moins aménagés, permettent d’accéder à des cascades, des belvédères et des rivières aux eaux transparentes.
Accompagné d’un guide local, vous pourrez en apprendre davantage sur les plantes médicinales utilisées par les habitants, les techniques traditionnelles de collecte des produits forestiers non ligneux (résines, champignons, fruits sauvages) ou encore les efforts de reforestation entrepris ces dernières années. La visite du parc national constitue une excellente alternative pour ceux qui souhaitent équilibrer leur séjour balnéaire par une immersion en pleine nature. Elle rappelle aussi que le sud du Vietnam, au-delà de ses plages, est un territoire où la préservation de la biodiversité devient un enjeu majeur.
Les plantations de poivriers et production d’épices biologiques
Phu Quoc est également réputée pour la qualité de son poivre, souvent considéré comme l’un des meilleurs du pays. Les plantations, concentrées principalement au centre et au nord de l’île, couvrent plusieurs centaines d’hectares et produisent poivre noir, rouge et blanc. Les lianes de poivrier, qui grimpent le long de tuteurs ou de arbres supports, forment de véritables « murs verts » impressionnants lors de la période de fructification.
La visite d’une ferme de poivre est l’occasion de comprendre le cycle de production de cette épice, depuis la pollinisation des fleurs jusqu’au séchage des baies. De plus en plus de producteurs se tournent vers l’agriculture biologique, limitant les intrants chimiques et privilégiant des pratiques plus durables, ce qui séduit une clientèle internationale soucieuse de la qualité des produits. Vous pourrez acheter sur place du poivre fraîchement conditionné, parfois associé à d’autres épices locales comme le curcuma, le galanga ou la citronnelle, pour prolonger chez vous les saveurs du sud vietnamien.
Long beach et le coucher de soleil sur le golfe de thaïlande
Long Beach (Bai Truong), qui longe la côte ouest de Phu Quoc sur plus de 20 km, concentre une grande partie de l’offre hôtelière de l’île. Bordée de cocotiers et ponctuée de bars de plage, elle illustre le visage plus développé du tourisme balnéaire local. Pour autant, en s’éloignant des zones les plus centrales, il reste facile de trouver des segments de plage plus calmes, propices à la marche ou à la baignade en fin de journée.
Le véritable spectacle, ici, se joue au moment du coucher du soleil. Face au golfe de Thaïlande, l’horizon se teinte progressivement de nuances orangées, roses et violettes, offrant chaque soir un tableau différent. S’installer sur le sable avec un jus de coco frais ou un cocktail à base de rhum local et observer le ballet des bateaux de pêche qui rentrent au port est une expérience simple mais inoubliable. Pour beaucoup de voyageurs, ces instants suspendus résument à eux seuls l’art de vivre décontracté de Phu Quoc.
Mui ne et phan thiet : formations dunaires et stations balnéaires côtières
À environ 200 km au nord-est de Hô Chi Minh-Ville, la région de Mui Ne et Phan Thiet offre un paysage radicalement différent du reste du sud du Vietnam. Ici, la côte est bordée de longues plages balayées par des vents réguliers et, surtout, de vastes formations dunaires aux teintes rouges et blanches, qui évoquent presque un décor désertique. Ce contraste entre mer, dunes et palmeraies crée un cadre spectaculaire, très prisé des amateurs de photographie et de sports de glisse.
Autrefois simple village de pêcheurs, Mui Ne s’est transformé en station balnéaire dynamique, particulièrement appréciée des kitesurfeurs et véliplanchistes grâce à ses alizés constants de novembre à avril. Phan Thiet, ville plus importante située à une vingtaine de kilomètres, conserve un cachet plus local tout en offrant une bonne infrastructure touristique. En combinant les deux, vous pourrez alterner sessions de sport, balades dans les dunes, visites culturelles et dégustations de fruits de mer ultra-frais.
Les dunes blanches et rouges : géomorphologie désertique unique
Les dunes rouges, situées à proximité immédiate de Mui Ne, constituent l’un des sites les plus spectaculaires de la région. Composées de sable ocre orangé, elles changent de couleur au fil de la journée, passant du doré au rouge profond au coucher du soleil. Facilement accessibles, elles attirent de nombreux visiteurs qui s’y rendent pour admirer le panorama ou s’essayer à la descente en luge de sable. Malgré l’affluence, le site conserve un charme indéniable, surtout en début de matinée.
Plus au nord, les dunes blanches (Bau Trang) offrent un décor encore plus saisissant : un vaste champ de sable blanc immaculé, entrecoupé de lacs intérieurs bordés de lotus. L’ensemble évoque littéralement une oasis au cœur d’un désert, un paysage rarissime au Vietnam. Louer un quad ou un buggy permet d’explorer une plus grande partie du site, mais vous pouvez tout aussi bien choisir de marcher silencieusement sur les crêtes pour profiter du contraste entre le bleu du ciel, le blanc du sable et le vert des plans d’eau. Une expérience quasi méditative, qui rappelle combien le sud du Vietnam recèle de surprises paysagères.
Le canyon des fées et formations rocheuses multicolores
Non loin des dunes rouges se trouve le canyon des Fées (Suoi Tien), un ruisseau peu profond qui serpente au milieu de falaises de grès érodées aux couleurs étonnantes. En remontant le cours d’eau pied nus, vous découvrirez un paysage sculpté par le temps, où se mêlent teintes blanches, jaunes, rouges et orangées. Les formes façonnées par l’érosion, parfois aussi délicates qu’une dentelle, donnent au lieu une ambiance presque féerique, d’où son nom.
La balade, d’environ une heure aller-retour, est accessible à tous et particulièrement agréable tôt le matin, lorsque la lumière rasante met en valeur les reliefs. Le contact du sable et de l’eau fraîche sous vos pieds crée une sensation très douce, presque enfantine, qui tranche avec l’animation de la plage. En observant ces sculptures naturelles, on mesure la puissance lente mais inexorable de l’eau capable de transformer un simple ravin en véritable œuvre d’art géologique.
Les villages de pêcheurs et production artisanale de nuoc-mam
Malgré le développement touristique, la région de Mui Ne et Phan Thiet reste avant tout un territoire de pêcheurs. Le long du littoral, vous verrez chaque matin les coracles (bateaux paniers) et petites embarcations colorées rentrer au port, chargés de poissons, de calamars ou de crustacés. Le village de pêcheurs de Mui Ne, avec sa baie hérissée de bateaux multicolores, offre un spectacle particulièrement photogénique au lever du soleil, lorsque les filets sont triés directement sur la plage.
Phan Thiet est également l’un des grands centres de production de nuoc-mâm, la fameuse sauce de poisson fermenté qui constitue l’âme de la cuisine vietnamienne. De nombreux ateliers ouvrent leurs portes aux visiteurs, permettant d’observer les grandes jarres d’argile ou les cuves en bois où les poissons macèrent pendant plusieurs mois avec du sel. L’odeur est puissante, mais le processus fascinant : comme pour un bon fromage ou un vin vieilli, la lente fermentation développe une palette aromatique complexe. Goûter différents nuoc-mâm de Phan Thiet vous fera comprendre pourquoi certaines marques locales sont réputées dans tout le pays.
Con dao : archipel préservé et sanctuaire de tortues marines
À environ 230 km au large de Vung Tau, l’archipel de Con Dao se compose de 16 îles et îlots d’une beauté sauvage exceptionnelle. Longtemps méconnu des voyageurs en raison de son passé carcéral et de son isolement, cet ensemble insulaire s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations nature les plus préservées du sud du Vietnam. Plages désertes, eaux cristallines, montagnes couvertes de forêts primaires et récifs coralliens intacts en font un véritable sanctuaire pour la biodiversité marine et terrestre.
L’île principale, Con Son, concentre la plupart des infrastructures d’accueil, tout en conservant une atmosphère paisible, loin des grands complexes hôteliers. Ici, pas de vie nocturne tapageuse ni de tourisme de masse : les visiteurs viennent avant tout pour randonner, plonger, observer la faune et se recueillir sur les vestiges de l’ancienne prison coloniale. L’archipel est également l’un des derniers sites de ponte protégés pour plusieurs espèces de tortues marines dans la mer de Chine méridionale, ce qui lui confère une importance écologique majeure.
Le parc national de con dao et récifs coralliens protégés
Créé en 1993, le parc national de Con Dao couvre environ 6 000 hectares de terres émergées et plus de 14 000 hectares de zones marines, incluant mangroves, herbiers marins et récifs coralliens. Cette mosaïque d’habitats abrite une faune riche, avec plus de 1 400 espèces marines recensées, dont des tortues imbriquées, des tortues vertes, des dauphins, des dugongs et une grande diversité de poissons tropicaux. Sur terre, macaques, écureuils, geckos et oiseaux endémiques complètent ce tableau de biodiversité.
Des sentiers de randonnée balisés permettent de traverser la forêt tropicale pour rejoindre des criques isolées ou des points de vue dominant l’archipel. Côté mer, la plongée sous-marine et le snorkeling comptent parmi les activités phares, avec une visibilité pouvant atteindre 20 mètres en saison favorable (mars à septembre). Les autorités locales, conscientes de la fragilité des écosystèmes, limitent le nombre de visiteurs sur certains sites et renforcent progressivement les mesures de protection, ce qui explique en partie la bonne santé relative des récifs par rapport à d’autres régions d’Asie du Sud-Est.
Les plages sauvages de dam trau et nhat beach
Parmi les nombreuses anses de Con Son, Dam Trau et Nhat Beach se distinguent par leur beauté quasi intacte. Dam Trau, sur la côte nord-ouest, offre une plage de sable doré bordée de pins tropicaux et de rochers sculptés, avec quelques petits restaurants en bambou servant poissons grillés, salades de papaye verte et jus de coco. La particularité du lieu ? La piste de l’aéroport voisin débouche presque sur la plage, et il n’est pas rare de voir les avions atterrir à quelques dizaines de mètres seulement au-dessus de l’eau, offrant un spectacle étonnant.
Nhat Beach, située sur la côte sud-ouest de l’île, n’apparaît qu’à marée basse, révélant une bande de sable blanc contrastant avec les falaises sombres environnantes. Au coucher du soleil, la lumière rasante sublime le paysage et crée des reflets irisés sur la surface de l’eau. Bien moins fréquentée que Dam Trau, cette plage demande un peu plus d’efforts pour y accéder, mais récompense largement les voyageurs en quête de solitude. Vous y aurez parfois le sentiment d’être au bout du monde, face à l’immensité de l’océan.
L’ancienne prison de phu hai et vestiges pénitentiaires coloniaux
Derrière la carte postale tropicale, Con Dao porte aussi la mémoire d’un passé douloureux. De 1862 à 1975, l’archipel a abrité l’un des bagnes les plus redoutés de l’Indochine française, puis de la République du Sud-Vietnam. Des dizaines de milliers de prisonniers politiques y ont été détenus dans des conditions effroyables, faisant de ces îles un symbole de la répression coloniale et de la lutte pour l’indépendance. Aujourd’hui, plusieurs établissements pénitentiaires ont été transformés en musées, dont la prison de Phu Hai, la plus ancienne et la plus grande.
La visite de ces lieux, avec leurs cellules exiguës, leurs « cages à tigres » et leurs salles d’exposition, est une expérience éprouvante mais essentielle pour comprendre l’histoire contemporaine du Vietnam. Des panneaux explicatifs, des photographies d’archives et des témoignages d’anciens détenus retracent les différentes périodes d’occupation du bagne. Le cimetière de Hang Duong, où reposent de nombreux prisonniers, est devenu un haut lieu de mémoire pour les Vietnamiens, qui viennent y déposer des offrandes et se recueillir. Confronter la beauté actuelle de l’archipel à ce passé tragique rend la visite encore plus poignante.
Vung tau et la péninsule côtière : patrimoine religieux et panoramas maritimes
À seulement deux à trois heures de route de Hô Chi Minh-Ville, Vung Tau s’avance dans la mer de Chine méridionale sous la forme d’une péninsule montagneuse bordée de plages. Anciennement connue sous le nom de Cap Saint-Jacques à l’époque coloniale, la ville est aujourd’hui l’une des stations balnéaires favorites des Saïgonnais pour un week-end au bord de l’eau. Ses collines offrent de superbes points de vue sur la baie, tandis que son patrimoine religieux et historique reflète l’importance stratégique de ce port depuis plusieurs siècles.
Moins spectaculaire que Phu Quoc ou Con Dao, Vung Tau séduit néanmoins par son ambiance détendue, ses fruits de mer abordables et ses promenades en front de mer. Pour les voyageurs qui manquent de temps ou qui souhaitent faire une pause balnéaire sans prendre l’avion, c’est une option très pratique. La ville constitue également un bon point de départ pour explorer d’autres tronçons plus sauvages du littoral sud, comme les plages de Ho Tram ou de Ho Coc, encore relativement préservées.